Mes haïkus du nouvel an

Pour vous souhaiter une excellente et heureuse année, douze haïkus du nouvel an…

 

Bye-bye 2017

Pour vous souhaiter le nouvel an de manière originale, mais bien entendu avec une année 2018 pleine de bonnes choses, de douces rencontres, de belles lectures, de grandes amitiés, de flamboyants amours et tout ce que vous voulez d’autre, voici en cadeau une petite histoire de circonstance : 

Les triplés du nouvel an

 

   C’est drôle, je me souviens maintenant, c’est à peu près à cette date qu’elle nous a adoptés, la vieille. Oui, c’est ça. Un gentil monsieur est venu sonner à sa porte. Ils se connaissaient bien tous les deux, à ce que j’ai compris. Il paraissait savoir ses goûts aussi. Il nous a présentés presque tout de suite, après avoir quand même essayé de lui refourguer des p’tits chiots tout mignons. Elle a presque craqué, je l’ai vu à ses yeux embués. Nous, on attendait juste derrière. Elle a hésité, mais en voyant ma bonne bouille dépasser, elle n’a pas pu résister, ni à moi, ni à mes deux sœurs. Elle a pris notre trio entre ses mains noueuses. Un coup de tête finalement.

   Alors chez elle on a été très sages, à rester à gambader joyeusement dans la pelouse du jardin, toujours bien coupée, toujours bien ensoleillée. On n’a même pas remarqué qui pouvait venir la tailler. Pas elle. Elle était déjà bien trop fatiguée pour la tondeuse. C’est ça les vieux, ça garde un regard vif qui se perd parfois comme une barque abandonnée, avec un plaid de mousse qui parvient à recouvrir doucement les planches, au bord d’un étang calme de souvenirs brumeux. Et son corps également, il semblait attendre au bord de l’étang. Au travers des grosses lunettes, on se demande bien ce qui continue à vivre au-delà de leurs yeux, et des siens quand elle enlève ses carreaux  ; que tout le reste de sa tête ressemble à une pomme oubliée, une golden ocre jaune toute fripée, partageant une coupe de fruit avec la seule compagnie d’une banane noircie. 

   Et nous trois, on continuait à jouer dans le jardin toujours vert, insouciants, toujours bien tondu. Ça ne demande pas grand-chose d’autre que de s’amuser, des chatons  ; et la vieille aimait à nous regarder, de ces deux minuscules lacs humides plantés dans des vallées encaissées. Un paysage d’Iseran sur un visage à l’automne.  

   Et puis l’homme est revenu, celui qu’elle connaît bien, qui est à peu près le seul à passer pour lui dire quelques mots dans la journée. Ça se contente de peu les vieux, comme l’estomac d’un rouge-gorge, et des fois ça chantonne tout seul aussi, gazouille pour un rien, pour un souvenir qui passe, pareil au piaf heureux d’un rayon de soleil dans les branches. On commençait à s’y habituer pendant toute l’année, à le voir passer et s’arrêter chez elle, chez nous, le monsieur avec sa casquette et son vélo. Cette fois il lui a déposé des petits chiots, avec écrit dessus des numéros, des noms de tas de gens, et 2018 en gros en haut  ; et nous, les trois chatons du calendrier de l’an passé, on a fini dans le bac à recycler. Bonne année il lui a dit, il l’a embrassé, et il est reparti. Il reviendra demain sans doute, étoile filante de compagnie. 

Les voix silencieuses de l’automne

Une voix chaude unique, un esprit pétillant et un regard malicieux, un gamin de 92 ans qui attendait de voir l’autre Monde avec curiosité, gourmandise même – pour reprendre ses mots – nous a quittés. Je vous souhaite bon voyage, Monsieur d’Ormesson.

Un lapin posé
Au milieu de nos bouquins
Adieu Monsieur Jean

Quasiment deux mois après Jean Rochefort, l’automne nous prive de deux sacrés personnages ; deux phrasés inimitables et si envoûtants, deux sacrés sales gosses que finalement, nous n’avons pas su voir vieillir.

Mots de silence – Ombres de lumière : rencontres poétiques

Êtes-vous prêts à vivre une véritable expérience poétique unique à la croisée de l’art japonais des haïkus, haïshas, haïbuns… et de la poésie occidentale  ?

Qu’arriverait-il si on oubliait un bricoleur en haïkus et poèmes, dans une église à deux pas du plus grand jardin japonais d’Europe ?
Une expérience unique où le grain de la photo se mêle à celui des mots, où images et poésie orientale comme occidentale se répondent et se complètent.

À l’origine de ce projet, il y eut les haïkus  ; ces petits poèmes japonais de trois lignes auxquels j’ai rendu honneur dans mon recueil «  De tout et de rien  ».

En leur ajoutant une photo, cela donne des haïshas, comme vous en verrez dans ce livre. Et en imaginant prendre des haïkus et y ajouter de la prose, cela aurait donné des haïbuns… Mais en ajoutant à ces haïkus, photos et poésies simultanément, cela devient une expérimentation poétique où textes et éléments graphiques se répondent et s’imbriquent sans se marcher sur les pieds, entrant en résonance sans rabâcher. 

Comment parler de Sacré sans en dire un mot  ? Comment ne pas l’évoquer tout en gardant son image sous les yeux  ? À notre époque, ce n’est pas un mystère de dire que les Hommes se disputent les faveurs du spirituel, prenant les Dieux à partie sans relâche dans l’espace public, en considérant étrangement que leurs convictions intimes sont faites pour s’exposer au grand jour. Loin de cette tendance, j’ai souhaité redonner à la religion une présence apaisée, patrimoniale, pour qu’elle s’efface tout en restant une évidence. Je m’en suis servi d’ossature distante mais indispensable pour bâtir ce recueil, véritable expérience graphique et littéraire où photos comme poésies se répondent en échos complices, loin de tout esprit de blasphème et de prosélytisme.

Parce que je crois intimement en leurs silences bavards, je perçois toutes sortes de choses murmurées à travers la solitude de mille ans de pierre. Parce que mes rêves rejoignent ceux des papillons, je reste émerveillé par ce soleil apprivoisé à travers une mosaïque de fragile verre coloré. Tout simplement, parce que rien ne m’y oblige, je reste fasciné par la beauté des églises.


 Noël approche. Un joli livre en couleurs, au format carré de 22 cm, à offrir à toutes les âmes poètes. Je vous souhaite une excellente découverte  !

Disponible ici chez Amazon, ou sur commande chez votre libraire préféré, en lui précisant l’ISBN : 979-10-94994-25-2