Parce qu’il y a trop peu de chats à la fenêtre…

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Auteur à découvrirParfois l’écriture arrive à me dévorer au-delà de la vingt-cinquième heure, moment où je retrouve le noir de la nuit au fond d’une tasse de café plutôt que dans un bon lit. Le temps est un précieux trésor, et pour cette raison mes coups de cœur ici se font rares. Loli Artésia est venue à moi par sa gentillesse à bien vouloir chroniquer mon premier recueil d’haïkus : De tout et de rien. À cette occasion, cette jeune auteure m’avait intrigué avec Trop peu – son premier roman – par son thème et son potentiel littéraire, au sens noble du terme. Par manque de temps donc, j’ai remis sans cesse à plus tard ma curiosité, comme les vagues vont et viennent au rivage ; mais l’imminence de la sortie de Un chat à la fenêtre a fait ressurgir l’urgence de cette lecture… Voilà donc qui est fait !

Attention, il n’y a pas de retour d’ascenseur. Je rédige cette chronique en toute indépendance, et même si Loli ne sait pas que je l’écris,  je la remercie d’être à ce jour une des rares personnes de la blogosphère à s’intéresser à mon œuvre. Et au vu de son talent, je suis fier de cette rencontre virtuelle.

Mais commençons par le commencement. Les bouquins de toutes sortes, je ne les aime qu’en papier, car s’ils sont bons, ils méritent d’être conservés plutôt qu’oubliés ; en tant que compagnons silencieux et bienveillants. Alors voilà, trop peu, c’est exactement l’impression que j’ai ressenti en ayant ce livre entre les mains ; et pourtant l’auteure ne nous ment pas, parce que c’est écrit en couverture : roman court. En tournant les premières pages, l’avant-propos agit déjà comme une gourmandise. Loli Artésia nous conte, parce que quelque part c’en est un de conte – ou tant l’écriture est délicate, presque un poème – la vivisection du sentiment amoureux, son errance et surtout ses déchirements, avec une rare et infinie délicatesse. On pourrait penser le thème glauque ou au moins tristounet, mais non ; ici on parle véritablement d’amour, de nostalgie et de mélancolie aussi, dessinant par petites touches des tableaux d’une beauté simple, digne de la peinture florentine.

Détail important : l’auteure ose les points-virgules, là où tant d’autres négligent cette ponctuation. Merci à elle d’éviter les phrases mitraillettes tellement à la mode ! Ici, pas de doute, nous avons à faire à de la vraie littérature, pas à un beignet de marketing recouvert de poudre aux yeux dégoulinante. À n’en pas douter, Loli Artésia est une jeune femme de lettres qui mérite d’être mieux reconnue en tant que figure du paysage littéraire français. C’est en tout cas tout le mal que je lui souhaite ! Comme certains acteurs de théâtre pourraient nous tenir en haleine rien qu’en nous récitant le dictionnaire, la note de fin de Trop peu clos le livre en beauté, ne la négligez pas, un travail d’auteur exigeant y transparaît. On y trouve : « Ce roman n’a pas ambition à devenir un chef-d’œuvre de la littérature française. Pas même un succès »… Et pourtant, il pourrait.

Alors, trop peu ? Oui et non ! Oui, indéniablement, car avec une telle qualité d’écriture on en redemanderait bien tout de suite ; et non parce que le livre fait exactement la bonne longueur, il n’y a rien à y rajouter. Néanmoins, si vous en redemandez – et il y a toutes les raisons de vous laisser tenter – il vous reste l’énigmatique chat à la fenêtre de la même auteure… Qui ne devrait pas démentir son talent !

Pour suivre toutes les informations de la sortie du chat à la fenêtre sur Facebook, ou simplement jeter un coup d’œil sur son blog, c’est ici.

 

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